à propos...

Je pratique - en accord mon intérêt et mes intentions pour l’acte de voir - une photographie documentaire qui à défaut d’être révélatrice ou témoin d’événement est créatrice. L’acte de voir qui m’occupe est celui qui se doit d’être, pour qui veut l’expérimenter, une construction et non une lecture (d’image). 

Ainsi occupé je vais là où les lieux ne constituent pas une source d’inspiration ou de révélation, là où ni l’identité, ni l’histoire ou l’événement ne font véritablement sens. À ce titre, de cette manière et proche de là où je vis, je réalise des images sans histoires. Des images qui se passent de mots, de légendes ou de fables et demeurent discutables. Et c’est précisément  face à cette défaillance que l’acte de voir peut advenir.

L’acte de voir, comme construction, dans ma pratique se manifeste tout autant dans (un) comment  je vois que dans (des) comment je peux permettre à d’autres d’expérimenter l’acte de voir. Il n’est pas moins ou plus important lors de la prise de vue ou après celle-ci. Ces deux moments sont interdépendants l’un de l’autre et l’un comme l’autre ils sont et font l’objet d’un travail d’observation afin de laisser la place à un espace vacant entre le vu et le voyant. 

En appliquant ainsi l’acte de voir à mon travail je ne souhaite pas documenter le réel mais faire qu’une construction de l’image - où l’imagination qui ne serait pas en reste - puisse advenir. Une construction qui deviendrait possible afin que « le réel puisse être fictionné pour être pensé » par celui ou celle qui regarde.