still-life -image 1 .jpg
thierry grapotte
/
photographie

Depuis plusieurs années, dans un environnent proche de là où je vis et travaille, je cherche à me trouver là où les lieux ne constituent pas une source d’inspiration ou de révélation, là où ni l’identité, ni l’histoire ou l’événement ne font véritablement sens.

De cette observation de la réalité ordinaire des images photographiques émergent. Plus promptes à divulguer des faits incertains et peu sûrs que de révéler des faits avérés, je ne prétends pas avec mes images photographiques documenter le réel. La photographie ne me sert pas à restituer une réalité, mais à réaliser des images dont la réalité est volontairement discutable. Des images photographiques qui trébuchent sur la réalité comme les mots « Le chien aboie » butent sur le chien qui aboie. Des images que je choisi et organise de manière à inciter celle ou celui qui les regarde à passer l’acte de voir. Un acte qui se veut être, plus et autre chose qu’une lecture de l’image. Un acte qui est cette construction où l’imagination n’est pas en reste et où « le réel puisse être fictionné pour être pensé*» par celle ou celui qui le voit.

*Jacques Rancière - Le Partage du sensible - 2000